Le #blog de mes ancêtres

Avec un peu et généalogie et d'histoire locale dedans

Le Saint Cordon de Valenciennes

An 1008 après Jésus-Christ. Toute la ville de Valenciennes est touchée par une effroyable épidémie de peste. Toute ? Oui, et elle a aucune pitié. Au monastère de Fontenelle, à côté de Maing, vit un pieux ermite qui répond au nom de Bertholin. Epris de compassion pour les Valenciennois et leur fléau, il prie la Vierge Marie, la suppliant de leur venir en aide. Elle répond à son appel, et lui demande de rassembler les habitants sur les remparts de la ville dans la nuit du 7 au 8 septembre 1008.

La dite nuit, Marie apparaît, escortée par des anges. Elle confie aux Valenciennois un fuseau de lin avec lequel ils tressent un cordon écarlate qu’ils déposent autour de la ville. Le « miracle du Saint-Cordon » est accompli : la ville est sauvée de la peste qui la ravageait. En guise de remerciement, les échevins de la ville font une promesse : chaque année, le « Tour Saint Cordon » sera refait.

La relique est perdue pendant la Révolution, mais à partir de 1804, c’est une statue de plus de 100 kilos, portée par 6 personnes, qui traverse les rues de notre cité, dans une procession de 17 km. Dès lors, chaque année, la Vierge Marie quitte la Basilique Notre Dame (construite en 1864) qui l’abrite pour faire ce pèlerinage à travers les rues de Valenciennes.

L'intérieur de l' église Notre Dame du Saint Cordon à Valenciennes
La Vierge Marie dans la basilique
(source : Wikipédia)

Qui a volé l’orange ?

Il parait que les murs ont une histoire. Je suis sûr que c’est le cas avec le mur que l’on voit à droite de la photo ci-dessous. Situé rue Charles Giraud à Onnaing, il borde le jardin de Lucia CARLIER (1905-1997) et Noël JOLY (1903-1981), mes arrière-grands-parents, qui habitaient la première maison du coron.

La rue Charles Giraud à Onnaing
La rue Charles Giraud à Onnaing
(source : Google)

Devenue veuve en 1981, Lucia avait pris l’habitude d’aller manger tous les dimanches chez André et Noëlla, ses enfants. De mon côté, je passais une partie de l’été chez Adolphe et Noëlla, mes grands-parents, qui habitaient Quarouble, une petite commune juste à côté d’Onnaing. Une fois, pendant les années 90, je suis allé chercher Lucia avec Adolphe. Super heureuse de voir son gendre, elle lui donne une orange. Quelques secondes, et j’entre à mon tour. Ni une, une deux, folle de joie à la vue de son arrière-petit-fils, elle reprend l’Orange qu’elle venait de donner à mon grand-père pour me la donner.

Cette petite histoire, digne d’une sitcom américaine, aurait pu s’arrêter après le rire de mon grand-père. En réalité, la chute est venue le soir même, quand j’ai à mon tour donné l’orange à grand-père.

Je n’aime pas les oranges.

Les Roses de Mortagne

Connaissez-vous Charles d’Eon de Beaumont, dit aussi “le Chevalier d’Eon” ? Outre ses activités d’espion, de diplomate et d’écrivain, il est surtout célèbre pour avoir été fait spéculer sur son genre après 49 ans de vie en tant qu’homme, et 32 ans en tant que femme. Sa vie a inspiré La Rose de Versailles, un manga publié en 1972 que les fans d’animés japonais connaissent peut-être sous le nom de Lady Oscar. Cette histoire m’a donné envie de vous parler des sœurs Fernig, deux jeunes femmes qui ont donné leur nom à une rue située à Valenciennes (Nord).

Marie-Françoise-Théophile-Robertine, dite Théophile, et Marie-Félicité-Louise, dite Félicité, sont deux sœurs nées à Château-l’Abbaye respectivement le 17 juillet 1775 et le 17 mai 1770. Elles sont les filles de Louis Joseph de Fernig, commandant de la Garde Nationale en 1789, et de Marie Adrienne Bassez, fille d’un cultivateur d’Estreux (Nord).

acte de baptême de Félicité Fernig
Acte de baptême de Félicité Fernig
(source : Archives départementales du Nord)
Acte de baptême de Théophile Fernig
Acte de baptême de Théophile Fernig
(source : Archives départementales du Nord)

Des engagées volontaires dans l’armée

En 1792, les deux sœurs rejoignent les rangs de la Garde Républicaine de Mortagne-du-Nord, où leur père est commandant des guides. Elle participent à la défense de la toute jeune République française face aux armées de la Première Coalition, et combattent à Valmy (20 septembre 1792), Jemmapes (6 novembre 1792), Anderlecht (13 novembre 1792) ou encore Neerwinden (18 mars 1793). Membres de l’état-major du Général Dumoustier, elles le suivent lors de son exil (il est opposé à la République) et reprennent ce que la littérature du XIXe siècle appelle « le costume de leur sexe ».

Les demoiselles de Fernig, reproduction d'un tableau de Ledru de 1903 sur une image du chocolat Moreuil.
Le Demoiselles de Fernig
(d’après un tableau de Ledru pour le salon de 1903)

De l’exil à l’hommage

Si Théophile s’éteint sans descendance à Bruxelles (Belgique) le 2 aout 1819, la vie en exil est l’occasion pour sa sœur Félicité d’épouser le capitaine belge François Joseph Herman Van der Wallen le 17 aout à Bruxelles. Elle est décédée le 4 aout 1841 à Bruxelles.

En 1912, Ernest Laut, rédacteur en chef du « Petit Journal », crée un comité qui a pour but d’élever un monument en hommage aux sœurs Fernig, les deux héroïnes des guerres de la Révolution. Le comité, présidé par le vice-président du Sénat Maxime Lecomte, choisi le sculpteur Henri Désiré Gauquié et l’architecte Henri Guillaume pour la réalisation. Inauguré à la fin du mois de juillet 1914, le monument est détruit le 8 novembre 1918, lors d’une explosion qui détruit une grande partie de la commune de Mortagne-du-Nord.



Quelques sources

– Acte de baptême de Théophile Fernig (Archives départementales du Nord)
– Acte de baptême de Félicité Fernig (Archives départementales du Nord)
– Petite Histoire des Rues de Valenciennes (André Gaudin)
– Biographies des célébrités militaires des armées de terre et de mer (Charles Mullié)
– A Nos Grands Hommes (France Debuisson)